🕀 L’aveugle…
Il n’avait jamais vu ni sourire, ni larmes. Il n’avait jamais perçu l’amitié ou la méchanceté d’un regard. Il ne connaissait pas le bleu du ciel ou le vert éclatant du printemps. Il vivait dans un univers sans image où comptent seulement les mains et les oreilles, les odeurs et les sons. Il était aveugle de naissance. Il ne demandait rien: pas de supplication, ni cri de pitié. Il était là, simplement, posté à la sortie du Temple.
Lui qui ne voyait pas n’était pas vu. Pour les passants, ce n’était qu’une ombre. Mais sa vie va être bouleversée. Car «sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme qui était aveugle de naissance.» Cet homme qui ne voit pas, Jésus le voit. En lui, il ne regarde pas seulement l’infirme avec sa misère, il reconnaît tous les hommes, et nous en sommes, aveugles de naissance qui ne parviennent pas à voir clair dans ce monde et restent obstinément prisonniers de leur univers de ténèbres.
Qui peut guérir nos yeux? Qui peut illuminer nos ténèbres? L’initiative est à Jésus. La foi n’est pas de cet ordre: Reconnaître le Fils de l’homme: la foi, c’est affaire de confiance sur parole. Se fier à l’autre se fait toujours sur parole. Ce n’est pas une affaire de savoir ou de certitude, de claire vision. Pour croire, il n’est pas besoin de voir. Il suffit d’écouter et d’obéir sur parole.
🕀 Renaître à la lumière de Dieu.
«Ouvrir les yeux» - cette expression revient plusieurs fois dans le récit de ce dimanche. Mais il y a diverses manières d’ouvrir ses propres yeux ou ceux de ses semblables: avec l’assurance prétentieuse de celui qui sait entendre, qui sait tirer quelqu’un d’autre de son ignorance ou de ses illusions: avec la lucidité ou la contrition acquises au long terme d’un long cheminement: ou encore le souci fraternel de faire accéder autrui à une lumière venue d’ailleurs.
L’aveuglement peut désigner aussi une tare morale ou spirituelle. La guérison de l’aveugle-né a été comprise par les premiers chrétiens comme une parabole baptismale. En recevant le baptême, l’homme pécheur recouvre la vue, et c’est au Christ qu’il attribue cette illumination.
🕀 Jésus lumière du monde…
Les hommes jugent les apparences: les records de l’athlète, la beauté ou le jeu d’un acteur, la réussite scolaire ou sociale… Dieu, lui, voit le cœur. Dans le langage de la Bible, le cœur est le siège des facultés intellectuelles de l’homme, de ses sentiments et de sa volonté, en même temps que le lieu où se prennent ses décisions. C’est par le cœur que l’homme entre en relation avec les autres hommes et avec Dieu: c’est son cœur bon ou mauvais qui déterminera le comportement d’un homme dans tout ce qui fait son existence. Voilà ce que Dieu regarde, qui nous échappe si souvent, et c’est pourquoi les choix de Dieu nous déconcertent si souvent.
🕀 Renaître à la foi…
La foi naît de la Parole et du chemin proposé par Jésus. Chemin inconnu, difficile, avec ses contradicteurs, mais aussi chemin de fidélité envers Lui. Ainsi la foi du disciple n’est pas un acquis figé et orgueilleux, à l’image de celle des pharisiens aveugles. Ce chemin de foi, débarrassé de tout attachement au miraculeux, comme de tout formalisme, mène à cette rencontre avec le Fils de l’homme et Seigneur Jésus. «Je crois Seigneur»: cette profession de foi constitue l’ultime, unique et véritable ‘miracle’ de notre récit.
Et celui qui était aveugle de naissance, renaît à la foi en celui qui lui parle et qui continue de lui parler, de le former, encore et toujours, comme Adam entre les mains de Dieu. La guérison à la foi de cet homme, hier aveugle de naissance, vient, en contraste, révéler l’aveuglement des pharisiens et de leurs partisans. Un autre débat peut commencer.
Chemin de croix
tous les vendredis de CARÊME
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Les LAUDES
tous les lundis de CARÊME
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