22 mai, 2026

Pentecôte

 Pour méditer cette semaine  

🔔 Le souffle de l’Esprit
    Le récit de la Pentecôte, dans le livre des Actes, fait d’abord état d’un violent coup de vent. Ne fallait-il pas un souffle puissant pour secouer des esprits figés et délier des langues muettes? Une pluie de feu n’était-elle pas nécessaire pour embraser les disciples glacés par la peur?
    Seul l’Esprit de Dieu pouvait faire sortir ces hommes traqués de leur refuge. L’énumération des douze provinces de l’empire symbolise la mission universelle des apôtres, ce qui est aussi la véritable signification du prodige des langues.
    Loin d’enfermer, l’Esprit ouvre; il manifeste la générosité de Dieu dans la chatoyante diversité de ses dons. Au fantasme de l’uniformité obligatoire, illustré par la tour de Babel, le souffle créateur de la Pentecôte oppose une unité à construire dans le respect des différences, par le dialogue et la réconciliation.

    Dans un monde déchiré par les guerres, les conflits et la souffrance de toute sorte, l’Esprit Saint est (première lecture); alors que bien des choses les séparent - langues, idéologies, désirs de conquête - l’Esprit anime tout effort de réconciliation et de communion. Il est à l’œuvre pour créer peu à peu l’unité: l’unité des hommes entre eux
    Unité des chrétiens entre eux (deuxième lecture): au niveau le plus profond de la vie reçue au baptême, les différences de catégories sociales s’estompent; il s’agit de construire le corps du Christ qu’est l’Église.
    Unité de l’homme avec lui-même (évangile): à la déchirure de la faute fait place la joie du pardon. Cette unité n’est pas uniformité; elle est un autre nom de l’amour.

🔔 La vie dans l’Esprit…
    Nous sommes rassemblés en ce dimanche pour fêter la Pentecôte. Posons-nous la question: quelle est l’origine de cette fête? Que représente-t-elle pour nous? Dans notre monde sécularisé, beaucoup ont oublié. Le risque est grand de réduire cette fête à un long week-end. De plus, les fêtes votives organisées à cette occasion peuvent amplifier la confusion. Il est donc important que nous allions à la source et au cœur de notre foi.
    La Pentecôte trouve son origine dans l’Ancien Testament, bien avant Jésus Christ. Cette appellation vient d’un mot grec qui signifie «cinquantaine». Au départ, on célébrait la première moisson des blés. C’était une fête joyeuse où l’on remerciait Dieu pour les dons de la nature.
    Que cette solennité de la Pentecôte cette année soit pour nous l’occasion de prendre conscience de l’action de l’Esprit Saint toujours présente dans les personnes et dans l’Église.
    Posons-nous aussi la question à laquelle nous répondrons dans le secret de notre cœur: Aujourd’hui pour moi, l’Esprit Saint est-il Celui qui me donne la vie?
    L’Esprit Saint nous entraîne dans le rythme de la vie divine; il est cette circulation d’amour entre le Père et le Fils, entre le Fils et le Père; et c’est par Lui que l’homme peut participer à la vie de Dieu.
    L’Esprit Saint est un Esprit d’Amour, un Esprit de Liberté, un Esprit de Vérité. Esprit d’Amour: si le souffle évoque l’Esprit, son nom véritable est: agapè. Il est l’Amour authentique, il est la source de toute tendresse. Il est Celui qui vient restaurer en nous notre capacité d’aimer

🔔 Fête de la Pentecôte…
    Après la mort de Jésus, les disciples ont reçu une force immense, le Don de Dieu aux hommes, «L’Esprit Saint». Cette force les pousse vers les hommes, les remplit d’enthousiasme, de courage, d’amour, de lumière... Désormais, ils n’ont plus peur! Aujourd’hui encore, Dieu envoie Son Souffle en direction de la terre des hommes. Le jour de la Pentecôte, nous fêtons ce «Don» de Dieu aux hommes...
    Les croyants du monde entier connaissent un très beau secret: nous ne sommes jamais seuls! Tout près de nous, au plus près de notre cœur habite une Présence d’Amour qui nous aide sur le chemin en nous envoyant son Esprit.
    Elle est…
  • Comme une lumière qui éclaire notre cœur, notre intelligence.
  • Comme un feu très doux auprès duquel on aime se réunir.
  • Comme un souffle qui fait tout vivre en nous et autour de nous. C’est la source de la Vie…
    Dieu est comme un Feu d’Amour qui ne demande qu’à se propager. Il nous envoie son Esprit, c’est-à-dire un peu de lui (comme une flamme, une «langue» de son Feu). A nous de ne pas laisser s’éteindre cette flamme.
    Dieu est Toute Générosité; Dieu comble, déborde; Dieu donne Son Esprit Saint aux humains... Mais peut-on vraiment tout recevoir de Dieu?
    Ne jamais oublier que Dieu est Amour Infini! Ce que Dieu peut nous donner, c’est tout ce qui nous aidera à grandir dans l’Amour, tout ce qui nous permettra de marcher vers les autres, tout ce qui nous permettra de les aimer, tout ce qui nous permettra de créer un monde plus juste, plus fraternel, plus amour.

15 mai, 2026

7 Dimanche de Pâques

  Pour méditer cette semaine  

💢 Connaître Dieu en Jésus
    Il y a 2000 ans, quand Jésus disait au Père: «Je prie pour eux, pour ceux que tu m’as donnés», il pensait donc à moi. Quelle émotion de réaliser que le Seigneur attend depuis si longtemps la joie de vivre avec moi, chaque instant de ma vie! Quelle émotion de savoir que je suis un don que le Père fait au Fils pour qu’il trouve sa gloire en moi!
    Nous comprenons mieux pourquoi le premier des dons de l’Esprit Saint, qui repose sur nous, est la crainte de Dieu... Crainte de rater une grâce, crainte de passer à côté d’un moment de communion, de ne pas rayonner de la gloire de Dieu, crainte de ne pas embellir la création par chaque acte de charité à ma portée. Crainte de ne pas être saint.

    Parmi les prières des chrétiens, il en est une que nous ne connaissons guère et que nous venons d’entendre dans l’Evangile: «la prière sacerdotale». C’est saint Jean qui nous la rapporte.
    On pourrait s’étonner de la mémoire prodigieuse de saint Jean qui après avoir entendu cette longue prière sortir de la bouche de Jésus, peut la répéter et la transcrire! C’est naturellement une chose impossible. En réalité, cette prière que Jean met dans la bouche de Jésus est le résultat d’une méditation que lui-même et sa communauté ont dû mûrir tout au long de leur vie. L’objectif de Jean en prononçant cette prière c’est de nous parler de Dieu: Quel Dieu faisait vivre Jésus?
    Ces paroles sont un peu hermétiques parce qu’elles utilisent des mots qui ne nous sont pas courants tels que «gloire» et «glorifié». Que peut vouloir dire une phrase comme «Père, l’heure est venue, glorifie ton fils afin que ton fils te glorifie»?
    Dans notre langage habituel, la gloire fait penser aux célébrités des vedettes et des stars, comme au festival de Cannes. Nous pensons aux toilettes et aux bijoux étincelants, au prestige des grands de ce monde… une gloire qui cache souvent un vide intérieur, une sécheresse du cœur, une vanité, un orgueil, une suffisance… en un mot: «du bluff» comme on dit. Ce n’est évidemment pas de ce genre de gloire dont Jésus parle.
    Jésus est imprégné des Écritures et c’est là qu’il faut aller chercher le sens du mot «gloire». La gloire dans la Bible est ce qu’il y a de plus profond dans l’individu, c’est la «vérité», le «poids» de tout son être.
    La gloire de Dieu ce n’est donc pas, comme certains l’imaginent, les myriades d’anges qui tournent autour de son trône pour le servir mais c’est l’être profond de Dieu, sa vérité entière.

💢 Mais quelle est donc cette vérité?
    «Père, l’heure est venue, glorifie ton fils afin que ton fils te glorifie». En disant ces paroles Jésus nous montre que l’être profond du Père c’est le bonheur de son fils et que le bonheur du fils c’est le bonheur du Père. Oui, Dieu aussi cherche le bonheur et il le trouve dans une formidable réciprocité: la joie de créer du bonheur aux autres. Saint Irénée, un Père des 1èrs siècles de l’histoire de l’Eglise nous dit aussi: «La gloire de Dieu c’est le bonheur de l’homme».
    La gloire de Dieu et la gloire de l’homme, c’est d’avoir cette capacité à se réjouir du bonheur de l’autre à l’inverse de la jalousie que nous retrouvons dans le récit de Caïn et Abel.
    Tous, fondamentalement, nous cherchons à être heureux, nous cherchons la gloire. Eh bien, elle est là, tout simplement, au fond de nous-mêmes car, comme le dit Pierre dans la 1ère lettre: «L’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu repose en vous».


10 mai, 2026

Ascension du Seigneur

«Dieu et les hommes».

    Entre ciel et terre. L’homme moderne a beau savoir que Dieu n’habite pas «dans les hauteurs», la liturgie, fidèle aux images bibliques, continue à célébrer le Christ «s’élevant dans les cieux». À nous de ne pas rejeter trop vite cette symbolique, au risque de passer à côté du mystère de l’Ascension du Seigneur.

    «Monter au ciel», c’est entrer en communion plénière avec Dieu, vivre totalement de Lui et en Lui. C’est Dieu, bien évidemment, qui en prend l’initiative.

    Par la fête de l’Ascension, l’Église confesse qu’elle n’est pas comblée, ainsi que priait saint Augustin: «Tu nous as fait pour toi, Seigneur; et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi.»

    «Moi qui monte, dit le Seigneur, voilà où je reste. Je monte parce que je suis la tête, mais mon corps reste encore sur la terre. Où est-il? Sur toute la terre. Prends garde dès lors à ne pas le frapper, à ne pas déshonorer en foulant aux pieds mes membres qui restent sur la terre» (Saint Augustin).

L'Ascension du Seigner
Messe franco-polonaise
jeudi 14 MAI
à 10h00 à Montolivet
Messe anticipée
mercredi 13 MAI
à 18h30 à l'Immaculée Conception


08 mai, 2026

6 Dimanche de Paques

 Pour méditer cette semaine  

💢 L’ÉVANGILE D’AUJOURD’HUI contient l’une des affirmations les plus claires de la Trinité que comporte le Nouveau Testament. Deux noms sont donnés à l’Esprit: le Défenseur (ou encore Paraclet) et l’Esprit de vérité.
    Dans l’Evangile de Jean, Jésus et ses disciples sont en conflit avec «le monde». Le monde ne connaît pas l’Esprit, fermé à la révélation que lui apporte Jésus. À leur tour, les disciples vont devoir affronter ce monde. Face à lui, l’Esprit les affermit dans leur attachement à la parole et à la personne de Jésus. Le respect et la douceur requis pour l’annonce de l’Évangile en sont les premiers effets (2ème lecture).
    L’Esprit de Vérité nous prépare pour l’avenir annoncé par le Christ, qui promet sa présence et son retour. Jésus annonce une ère nouvelle, celle où, parce qu’il est vivant dans l’Esprit, ses disciples pourront le voir face à face. Cependant, dans l’entre-temps, les Écritures, les signes sacramentels et la charité sont les modes de présence du Seigneur à son Église. L’Esprit inspire les Écritures, c’est lui encore qu’on invoque lors de l’initiation chrétienne et de l’eucharistie, c’est lui enfin qui rend la vie à ceux qui sont blessés.
    La fidélité aux commandements du Seigneur est liée à l’action de l’Esprit car cette fidélité est à la fois la condition et la conséquence de la réception de l’Esprit par le disciple. De même, le don de l’Esprit Saint (1ère lecture) authentifie les baptisés dans leur mission de disciples de Jésus, mission reçue des Apôtres. «Dans cette existence de chaque jour que nous recevons de ta grâce, la vie éternelle est déjà commencée : nous avons reçu les premiers dons de l’Esprit par qui tu as ressuscité Jésus d’entre les morts, et nous vivons dans l’espérance que s’accomplisse en nous le mystère de Pâques» (préface de 6éme dimanches).
💢 Dans la seconde lecture, l’apôtre Pierre nous adresse un appel de la plus haute importance. Il nous demande de ne pas craindre de rendre compte de l’espérance qui les anime. Il ne s’agit pas d’argumenter sur les divers aspects de la foi chrétienne pour défendre l’Eglise. Le plus important c’est de témoigner par des actes et de ne pas flancher devant les tortionnaires. Les chrétiens auxquels l’apôtre s’adresse ne sont pas tous héroïques. Beaucoup ont renié leur foi au moment du danger. La lettre de Pierre les met en face du Seigneur Jésus. Lui, le juste, a préféré souffrir en faisant le bien plutôt que de faire le mal. Mais par sa victoire sur la mort et le péché, il nous introduit devant Dieu. C’est de cette espérance que les chrétiens doivent témoigner.
    Cette lettre de Pierre nous rejoint aujourd’hui. Son message s’adresse aussi à chacun de nous dans la situation qui est la nôtre. Nous vivons dans un monde où beaucoup ont oublié l’espérance chrétienne. Dans bien des pays, ceux qui veulent rester fidèles à leur foi en Jésus Christ sont persécutés et mis à mort. Le plus souvent, ils sont ridiculisés. Les fêtes chrétiennes sont devenues des week-ends dont on a oublié l’origine. Mais rien ne peut arrêter la progression de la Parole de Dieu. La première lecture nous montre des chrétiens obligés de fuir la persécution. Mais là où ils sont, ils annoncent la Bonne Nouvelle de Jésus Christ. Le monde d’aujourd’hui a également besoin de témoins solides et convaincus qui ne craignent pas de rendre compte de leur attachement au Christ et de leur espérance en la résurrection.
💢 Il nous appartient aujourd’hui d’accueillir cet Esprit de vérité que Jésus veut nous donner, nous laisser transformer par lui. C’est pour nous un appel à marcher chaque jour dans la clarté de l’Evangile. Ce que l’Esprit Saint nous révèle est encore plus merveilleux. Il nous annonce que nous sommes une grande famille réunie dans l’amour: «Je suis en mon Père, vous êtes en moi et moi en vous».
    C’est dans le concret de notre vie que nous pouvons découvrir la présence de l’Esprit de Vérité. Son action est multiple. C’est par exemple ce besoin qui nous pousse à participer à l’Eucharistie, non par obligation mais parce qu’elle apporte un ressourcement intérieur qui nous est nécessaire. C’est l’Esprit Saint qui nous permet de faire la vérité en nous. Il est cette lumière intérieure qui illumine notre chemin et notre vie.

L'Ascension du Seigner
Messe franco-polonaise
jeudi 14 MAI
à 10h00 à Montolivet
Messe anticipée
mercredi 13 MAI
à 18h30 à l'Immaculée Conception

01 mai, 2026

5 Dimanche de Paques

Pour méditer cette semaine  

💢 «Dans la maison de mon Père, il y a beaucoup de demeures»
    Image parlante de l’accueil que Dieu réserve à l’extrême diversité de ses créatures. Dans son Royaume, tous peuvent se sentir à l’aise, et chacun y est respecté pour ce qu’il est.
    «Pour aller où je vais, vous savez le chemin». Ce chemin, c’est désormais un homme: Jésus de Nazareth. Il appelle ses compagnons de route à le suivre, sans autre condition préalable que la conversion du cœur. Qui a jeté sur cet homme un regard de foi, celui-là a vu Dieu. L’expérience montre que les hommes s’engagent sur ce chemin sans renoncer à la diversité de leurs langages, de leurs sensibilités et de leurs rites. La première lecture illustre ce respect du pluralisme lorsque la communauté décide d’affecter au groupe des hellénistes sept hommes parlant le grec. En confiant des responsabilités à des chrétiens de langue grecque, l’Eglise manifeste que son unité assume la diversité des langues et des cultures.

💢 Quel sera notre chemin vers le Père en ce dimanche?
    Certes, nous donnons la première place à Jésus, chemin, vérité et vie, lui qui nous ouvre le chemin vers le Père, lui qui nous le fait connaître et même nous le fait voir. Notre assemblée dominicale (même à la maison) témoigne de cette volonté de pleinement profiter de cette action du Christ. La monition de Pierre nous invite à être actifs, à être des pierres vivantes de cette construction qui rendra visible le chemin vers le Père ouvert par le Christ. Dans cette construction, Jésus a voulu des relais.
    Dès le début, les apôtres ont eu à cœur de multiplier les collaborateurs: l’institution des Sept en est le premier acte. Notre chemin vers le Père sera donc d’accepter simultanément ce contact direct avec Jésus, dans sa parole et dans son Eucharistie, en même temps que les médiations qui nous le rendent présent: l’Église, les prêtres, les diacres. Nous disons croire en l’Église, c’est le jour de mieux prendre conscience de sa place irremplaçable dans notre chemin vers le Père.
    Les sept premiers diacres ont été de tels témoins. Imitons-les et laissons-nous guider par l’Esprit Saint, avec la conviction que la parole du Seigneur est puissante et qu’elle peut réaliser ce qu’elle a réalisé au début de l’Église.

💢 «Ne soyez donc pas bouleversés» - dit Jésus à ses apôtres.
    Ils ont de quoi être bouleversés, les apôtres. Jésus vient de leur annoncer qu’il sera condamné, mis à mort, qu’il les quittera. Tous leurs beaux rêves et leurs beaux espoirs s’effondrent. Tout ce qu’ils avaient investi de temps, de sacrifices depuis trois ans est à l’eau. Ils pensaient que Jésus était un grand prophète, qu’il mettrait de l’ordre dans le monde, qu’il sauverait leur peuple, qu’il réglerait leurs problèmes. Et il s’en va.
    Où vas-tu? Donne-nous des preuves! Montre-nous le Père!
    «Vous n’avez rien compris», répond Jésus. Regardez ce que j’ai fait. Le Père et moi, nous sommes un. Qui me voit, voit le Père, Philippe. Je suis Dieu parmi vous. Je ne réglerai pas vos petits problèmes, vous êtes assez grands pour le faire; je ne suis pas venu pour cela. Je vous mènerai beaucoup plus loin et à beaucoup mieux que cela.
    À nous aussi Jésus dit: «Ne soyez pas bouleversés». «Je ne vous ai pas abandonnés, ce n’est pas la fin de l’Église, de mon Royaume. J’apporte toujours une solution aux grands problèmes de votre vie».
    D'abord au problème de la mort. Très souvent, aux funérailles que je célèbre, je lis l’évangile de saint Jean que nous venons d’entendre (de lire). L’assurance que la vie continue après la mort, l’assurance de nous trouver un jour parfaitement heureux avec Dieu, n’est pas un vague espoir, une hypothèse parmi d’autres. Cette assurance vient de la phrase de Jésus que nous venons de lire: «Je pars vous préparer une place. Quand je serai allé vous la préparer, je viendrai vous prendre avec moi, et là où je suis, vous y serez aussi». Cette phrase ne laisse aucune place à des doutes, ne laisse aucune place à des théories «genre» réincarnation. Après notre mort, nous ne redoublerons pas, nous ne recommencerons pas quoi que ce soit. Dieu nous aime assez pour nous amener avec lui.
    C’est là la Bonne Nouvelle, elle enlève toute inquiétude, tout bouleversement devant la mort.
    Jésus nous dit aussi dans l’Évangile d’aujourd’hui, sur qui et sur quoi appuyer notre vie pour être heureux, heureux en éternité, mais heureux aussi dès aujourd’hui. «Je suis le chemin, la vérité, la vie». «Je suis venu pour qu’ils aient la vie, qu’ils l’aient en abondance» dit-il ailleurs.
    Influencés par la société de consommation qui nous offre continuellement des plaisirs faciles et immédiats, nous pouvons penser que la religion chrétienne, avec ses appels et ses exigences, complique la vie, empêche de vivre. Comme si la spiritualité chrétienne était néfaste pour l’épanouissement de la personne!
    Ce n’est pas vrai, c’est le contraire qu’il faut penser. Suivre Jésus pour le vrai, avoir comme lui une vie de prières, de relations intimes avec le Père, mener une vie simple, humble et confiante au Père, aimer son prochain, pardonner jusqu’au fond de son cœur, faire de sa vie une vie de service… Ça rend heureux, ça apporte la paix, la sérénité. Les saints en sont témoins.
    «Celui qui croit en moi accomplira les mêmes œuvres que moi», vient de nous dire Jésus. Saint Paul nous dit, dans la deuxième lecture, qu’il est la pierre angulaire sur laquelle nous pouvons construire l’édifice de notre vie et du monde. Appuyons-nous sur ce roc solide. Entendons bien Jésus nous dire aujourd’hui: «Ne soyez pas bouleversés; venez, je suis le Chemin, la Vérité, la Vie».


24 avril, 2026

4 Dimanche de Pâques

Pour méditer cette semaine

💢 La figure du bon pasteur filée au long des textes lus dans la liturgie d'aujourd'hui donne une grande cohérence à ce quatrième dimanche du Temps Pascal.
    Héritée de la prédication des prophètes et chantée dans les psaumes, la figure tutélaire du bon berger évoque de manière privilégiée la présence de Dieu auprès de son peuple choyé, guidé, protégé. Même si notre civilisation n’est plus rurale et pastorale pour connaître au quotidien les modes de vie des troupeaux, comme c’était le cas des juifs au temps de Jésus, nous pouvons facilement comprendre les images attachées à ce Bon Pasteur que ses brebis reconnaissent à sa voix qui indique la voie vers les pâturages nourriciers.

💢 Une réflexion sur le Bon Pasteur
    J’ai lu quelque chose de très intéressant sur l’élevage des brebis, dans un petit livre écrit par un pasteur protestant – agronome de profession. C’était très intéressant pour moi, car je ne savais vraiment rien - ni sur les bêtes ni sur leur élevage... La brebis est un animal doux, affectueux mais très fragile. Elle a besoin d’un berger pour vivre et survivre; pour trouver son pâturage, éviter les prédateurs, retrouver sa route si elle s’égare.
    Jésus prend l’image du berger pour se définir, pour dire qui il est, qui il est pour nous. Il n’est pas le voleur qui trompe les brebis; ni le mercenaire, l’employé qui accomplit un travail. Il est le pasteur, le bon berger qui aime ses brebis; il les connaît chacune par leur nom, les fait passer par la porte, marche à leur tête et les conduit vers de bons pâturages.
    Nous qui nous inquiétons trop facilement, entendons-le bien nous dire aujourd’hui: «Moi, je suis la porte, si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé; il pourra aller et venir, et il trouvera un pâturage».
    «Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu’il l’ait en abondance».

    Soyons avec lui – bon pasteur. C’est là, notre première et seule vocation. Ce n’est pas pour rien qu’on nous fait lire cet Évangile en ce dimanche de prières pour les vocations. Son métier de berger, Jésus ne veut pas l’exercer sans notre collaboration.
    Autour de nous et dans le monde, beaucoup de gens sont des brebis fragiles. Égarés, ils cherchent une route. Ils n’ont pas ce qu’il leur faut pour vivre et être heureux. C’est vrai pour leur vie matérielle, c’est vrai pour leur vie spirituelle. C’est vrai pour des individus, c’est vrai pour des pays.
    Jésus est aujourd’hui le bon berger par tous ceux et celles qui se préoccupent de faire vivre. Nous sommes le bon berger avec lui lorsque que, par nos gouvernements ou d’autres manières, nous favorisons la paix et le développement dans le monde. Quand nous nous donnons, pour ici et pour ailleurs, des moyens, des politiques efficaces pour venir au secours du pauvre, du malade, du souffrant. Nous sommes le bon berger avec Jésus, toutes les fois que nous posons des gestes concrets qui apportent l’espérance, lorsque nous disons la parole qui éclaire et réconforte .Lorsque que nous nommons quelqu’un par son nom, nous le considérons comme une personne; nous lui permettons de s’épanouir, que ce soit à la maison, dans notre rue ou au travail. Nous conduisons alors la brebis vers de verts pâturages.
    Enfin, c’est évident, nous serons le bon berger avec Jésus en le faisant connaître, Lui et son Évangile. En montrant où est la Porte qui mène à la vie. C’est ce que nous voulons faire en particulier avec nos enfants. Par le choix de l’école, par le choix du cours de religion à l’école, mais surtout n’oublions jamais nos responsabilités en tant que chrétiens. C’est aujourd’hui à la maison et en paroisse que nous donnerons une éducation religieuse à nos enfants. Parents, grands-parents, prêtres, animateurs, catéchistes, nous les conduirons vers de verts pâturages. C’est ce à quoi nous appelle Jésus en ce dimanche des vocations.

💢 Ce quatrième dimanche de Pâques appelé «Dimanche du Bon Pasteur», c’est la journée mondiale de prière pour les vocations. Portés par la foi et l’espérance, nous prions le Seigneur d’envoyer des ouvriers à sa moisson: que le Seigneur suscite chez de nombreux jeunes le désir de le servir et de lui consacrer leur vie. Sans exclure les autres vocations qui sont toutes complémentaires et reliées entre elles, ne craignons pas en ce dimanche de demander spécifiquement des vocations sacerdotales, dont notre Eglise et notre monde ont tant besoin.


17 avril, 2026

3 Dimanche de Pâques

Pour méditer cette semaine 

💢 Emmaüs
    Deux hommes sur une route de banlieue. Deux hommes qui nous ressemblent comme des frères. Deux croyants, qui ont vécu avant nous l’aventure de la foi.
    Pouvons-nous nous reconnaître dans ces deux hommes qui marchent vers Emmaüs? On ne sait pas de qui il s’agit ni où se trouve Emmaüs.
    C’est le Christ qui a l’initiative dans cette rencontre. Et leur foi bute sur la croix.
    Le chemin qui mène à la Résurrection est un long chemin de recherche et d’approfondissement. La parole (écoute, discussion, méditation, Parole de Dieu) y tient une grande place.
    Jésus n’abandonne pas ceux qui cherchent. Il les rejoint, se fait proche. Il marche à leur pas et fait route avec eux.
    Jésus se rend disponible aux disciples; il prend du temps pour expliquer La Parole. Il ne se contente pas d’un livre de la Bible, mais de l’ensemble des livres (tous les prophètes)... Comme s’il voulait faire pénétrer la Parole dans la profondeur des hommes. Peu à peu, la Parole devient Vie intérieure, Feu brûlant. «N’y avait-il pas comme un feu qui brûlait au-dedans de nous quand il nous parlait en chemin et nous expliquait les écritures?»
    La Parole de Dieu, reçue avec foi, enflamme le cœur.

💢 Accueillir le Christ ressuscité…
    Le parcours et l’expérience des disciples d’Emmaüs sont uniques et leur rencontre avec le Ressuscité demeure l’une des plus inspirantes des Evangiles.
    «Les évènements» des derniers jours à Jérusalem les ont complètement bouleversés et la mort de Jésus sur la croix a mis fin brutalement à toutes les espérances. Un nouveau bouleversement se produit en leurs cœurs. Ils peuvent ainsi mieux comprendre le Christ, et c’est au moment où celui-ci prononce la bénédiction et rompt le pain pour partager avec eux que l’illumination ultime des disciples se produit.

    Pour résumer ce récit, nous voyons qu’il n’est qu’une suite d’échanges, de dialogues et de marches pendant lesquelles Jésus est là et on ne le reconnaît pas, mais ensuite il y a des moments d’arrêt où il se laisse reconnaître.
    Toute cette histoire le résume sur un seul jour, le jour de la résurrection, un jour à jamais ouvert, un aujourd’hui perpétuel, éternel. Autrement dit ce récit n’est jamais terminé, il est le nôtre!
    Aujourd’hui c’est nous qui marchons sur la route et chaque fois que nous dialoguons, rencontrons les autres tout en marchant, Jésus est là sans même que nous le remarquions. Chaque fois que nous nous arrêtons pour comprendre les Ecritures et partager le pain, il se laisse reconnaître par ceux dont le cœur est brûlant.
    Ce temps d’arrêt, cette halte bienfaisante nous stimule à reprendre la route, à retourner vers les autres, à devenir des témoins et goûter la joie d’éprouver la présence de Jésus vivant ressuscité.
    Vous devriez en quittant la messe avoir comme une impatience à sortir, sortir pour partager avec d’autres ce qui vous est arrivé, manifester par vos paroles mais surtout à travers tout votre être et vos actes que vous êtes réellement le Corps du Christ vivant en ce radieux temps de Pâques.

💢 Question pour la semaine qui vient…
    On ne sait pas très bien où se trouve Emmaüs. Comment ne pas penser au découragement de nos communautés chrétiennes, certains jours? Mais est-ce bien de cela qu’il s’agit? Le récit de Luc veut plutôt enflammer notre cœur, ouvrir nos yeux, nous faire rencontrer le Ressuscité. L’émotion semble avoir été bien superficielle. Cela ne nous renvoie-t-il pas à nous-mêmes? Nous aussi, nous connaissons les Écritures et nous savons tout ce qui concerne le Christ. Mais le croyons-nous, et cela nous touche-t-il?

Attention! 
Jusqu'à la mi-mai i n'y a pas de Messes en semaine!