💢 Connaître Dieu en Jésus
Il y a 2000 ans, quand Jésus disait au Père: «Je prie pour eux, pour ceux que tu m’as donnés», il pensait donc à moi. Quelle émotion de réaliser que le Seigneur attend depuis si longtemps la joie de vivre avec moi, chaque instant de ma vie! Quelle émotion de savoir que je suis un don que le Père fait au Fils pour qu’il trouve sa gloire en moi!
Nous comprenons mieux pourquoi le premier des dons de l’Esprit Saint, qui repose sur nous, est la crainte de Dieu... Crainte de rater une grâce, crainte de passer à côté d’un moment de communion, de ne pas rayonner de la gloire de Dieu, crainte de ne pas embellir la création par chaque acte de charité à ma portée. Crainte de ne pas être saint.
Parmi les prières des chrétiens, il en est une que nous ne connaissons guère et que nous venons d’entendre dans l’Evangile: «la prière sacerdotale». C’est saint Jean qui nous la rapporte.
On pourrait s’étonner de la mémoire prodigieuse de saint Jean qui après avoir entendu cette longue prière sortir de la bouche de Jésus, peut la répéter et la transcrire! C’est naturellement une chose impossible. En réalité, cette prière que Jean met dans la bouche de Jésus est le résultat d’une méditation que lui-même et sa communauté ont dû mûrir tout au long de leur vie. L’objectif de Jean en prononçant cette prière c’est de nous parler de Dieu: Quel Dieu faisait vivre Jésus?
Ces paroles sont un peu hermétiques parce qu’elles utilisent des mots qui ne nous sont pas courants tels que «gloire» et «glorifié». Que peut vouloir dire une phrase comme «Père, l’heure est venue, glorifie ton fils afin que ton fils te glorifie»?
Dans notre langage habituel, la gloire fait penser aux célébrités des vedettes et des stars, comme au festival de Cannes. Nous pensons aux toilettes et aux bijoux étincelants, au prestige des grands de ce monde… une gloire qui cache souvent un vide intérieur, une sécheresse du cœur, une vanité, un orgueil, une suffisance… en un mot: «du bluff» comme on dit. Ce n’est évidemment pas de ce genre de gloire dont Jésus parle.
Jésus est imprégné des Écritures et c’est là qu’il faut aller chercher le sens du mot «gloire». La gloire dans la Bible est ce qu’il y a de plus profond dans l’individu, c’est la «vérité», le «poids» de tout son être.
La gloire de Dieu ce n’est donc pas, comme certains l’imaginent, les myriades d’anges qui tournent autour de son trône pour le servir mais c’est l’être profond de Dieu, sa vérité entière.
💢 Mais quelle est donc cette vérité?
«Père, l’heure est venue, glorifie ton fils afin que ton fils te glorifie». En disant ces paroles Jésus nous montre que l’être profond du Père c’est le bonheur de son fils et que le bonheur du fils c’est le bonheur du Père. Oui, Dieu aussi cherche le bonheur et il le trouve dans une formidable réciprocité: la joie de créer du bonheur aux autres. Saint Irénée, un Père des 1èrs siècles de l’histoire de l’Eglise nous dit aussi: «La gloire de Dieu c’est le bonheur de l’homme».
La gloire de Dieu et la gloire de l’homme, c’est d’avoir cette capacité à se réjouir du bonheur de l’autre à l’inverse de la jalousie que nous retrouvons dans le récit de Caïn et Abel.
Tous, fondamentalement, nous cherchons à être heureux, nous cherchons la gloire. Eh bien, elle est là, tout simplement, au fond de nous-mêmes car, comme le dit Pierre dans la 1ère lettre: «L’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu repose en vous».







