💢 Les pauvres seront gagnants…
Les pauvres, les marginaux, les handicapés, les écrasés, sont toujours les derniers. La société moderne en fabrique tous les jours davantage et elle les méprise, même lorsqu’elle s’en sert. Déjà les prophètes annonçaient qu’il sortirait quelque chose de ces petites gens, de ceux qui sont comptés pour rien.
Dans l’Eglise de Jésus Christ, les croyants n’ont pas à miser d’abord sur la naissance, le savoir, le pouvoir, mais sur la fidélité à la Bonne Nouvelle: c’est souvent fou et dangereux. Ainsi le Royaume de Dieu appartient à tous ceux qui restent fidèles au message de Jésus Christ jusqu’au bout de leur existence, malgré les risques.
Cet évangile est celui de la joie: «Heureux… réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse…» La raison de cette joie, c’est le Royaume des cieux dès la première des Béatitudes. Si nous demandons: «Qu’est-ce que le Royaume des cieux?», les autres Béatitudes nous diront que c’est Dieu lui-même. Oui, Dieu lui-même, à l’action dans la vie des hommes: quand il réconforte les affligés, comble l’espérance des affamés de justice, pardonne à ceux qui ouvrent leur cœur à la misère de leurs frères, se laisse trouver par ceux qui le cherchent d’un cœur sincère, et reconnaît pour ses fils les bâtisseurs de la paix. Mais, pour faire cette expérience de l’action de Dieu dans sa vie, il faut se compromettre pour la non-violence, pour la justice et la bonté, pour la paix et pour la pureté de ses intentions. Il faut savoir affronter les insultes et les moqueries, savoir risquer la persécution et la calomnie.
Avons-nous faim de justice aussi fortement qu’il nous arrive d’avoir faim de bonheur ou de succès?
💢 L’annonce du bonheur de Dieu…
Le bonheur de Dieu, c’est de répandre le bonheur. Celui-ci imprègne les relations entre le Père, le Fils et l’Esprit. Le bonheur jaillit aussi dans les relations entre Dieu et les hommes. Au-delà de toutes les misères, des souffrances, des deuils qui ne cessent de frapper l’humanité. Jésus vient annoncer un bonheur radical.
Ce bonheur évangélique ne se confond pas avec le plaisir que nous promettent la publicité et tous ceux qu’on appelle les marchands de bonheur. Ce n’est pas un bonheur facile, ce n’est pas un bonheur qui s’achète. Ce bonheur évangélique s’expérimente partout, même dans l’épreuve. Les cas retenus dans la liste des Béatitudes sont surtout des épreuves ou du moins une situation humaine très différente de l’idéal que propose la société de consommation. Les premières communautés chrétiennes n’étaient pas faites de gens puissants, ni de haute naissance, mais de personnes modestes, méprisées, jugées folles par la sagesse du monde. Leur fierté, comme celle de tout chrétien, était la sagesse selon le Christ, clé du vrai bonheur.







