💢 “...C’est lui le Fils de Dieu ”
Nous voici dans les dimanches dits du Temps Ordinaire. Pour inaugurer ce temps de l’Église, la liturgie nous propose de revenir sur la personne de Jean le Baptiste, et sur le Baptême du Seigneur, événement fondateur. L’homme que Jean vient de baptiser est l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde; sur lui demeure l’Esprit; c’est lui le Fils de Dieu…
En identifiant le Christ comme l’agneau immolé, c’est non seulement le peuple d’Israël, mais l’humanité tout entière qui acquiert sa dignité d’enfant de Dieu. Dès lors, la circoncision juive et le baptême d’eau de Jean Baptiste sont révolus. Seul prévaut le baptême donné par le Christ dans l’Esprit Saint.
Dieu touche notre humanité à une profondeur qu’aucun prophète n’avait imaginée. La liturgie nous fait justement vivre cette rencontre, elle installe Dieu dans notre vie et nous fait entrer dans ses murs.
Invoquer l’Agneau de Dieu, c’est se souvenir du pardon et demander à Dieu de le faire naître en nous. Pour que le cri de paix qui monte de l’humanité trouve une réponse et que cessent les injustices, les divisions et les conflits.
💢 L’Agneau de Dieu
Lors des célébrations eucharistiques, avant la communion, les catholiques invoquent l’agneau de Dieu en lui demandant de prendre pitié de nous et de nous donner la paix. Cette expression nous laisse perplexe. Que vient faire ici ce divin mouton? Que veut dire cette curieuse expression?
L’agneau est le petit de la brebis. Dans notre culture actuelle, sa fragilité et sa douceur représentent la non-violence et l’innocence. L’expression populaire le dit bien: «être doux comme un agneau». Dans le monde de l’Ancien Testament, l’agneau est un des animaux sacrifiés pour le Seigneur. La fête de la Pâque juive est célébrée par le sacrifice d’un agneau. Son sang mis sur les portes des maisons rappelait le geste posé pour protéger les Israélites du dernier des fléaux en Égypte (Ex 12,21-23).
«Agneau de Dieu, prends pitié de nous!», c’est notre prière de chrétiens à tout âge. C’est la prière des jeunes: «Toi qui sauves tous les hommes, fais de moi un frère universel».
C’est la prière des époux chrétiens: «Toi qui t’es donné jusqu’à l’extrême, toi qui es mort pour nous deux, prends-nous tous deux dans ta pitié, prends notre amour dans ton amour, mets ton amour au cœur du nôtre».
C’est la prière paisible et confiante de ceux et de celles qui commencent à descendre le chemin de la vie: «Agneau de Dieu, toi qui si souvent as porté, enlevé, pardonné mes misères et mes lenteurs, donne-moi le temps de m’ouvrir à mon tour à la miséricorde».
C’est la prière de toute communauté, au moment où le Christ vient unir tous les frères, toutes les sœurs, en un seul Corps: «Agneau de Dieu, vainqueur du mal, viens habiter nos différences, viens triompher de nos indifférences. Toi qui t’es livré pour nous tous, mets en nous la soif de l’unité».
C’est l’imploration de l’Église universelle et de tous ceux qui en elle se voient contestés, calomniés, persécutés, parce qu’ils témoignent de l’Évangile: «Jésus, Agneau de Dieu, toi qui viens réunir les enfants de Dieu dispersés, toi qui accueille l’espérance de tous les peuples et de tous les hommes de bonne volonté, donne-nous la paix»!
