01 mai, 2026

5 Dimanche de Paques

Pour méditer cette semaine  

💢 «Dans la maison de mon Père, il y a beaucoup de demeures»
    Image parlante de l’accueil que Dieu réserve à l’extrême diversité de ses créatures. Dans son Royaume, tous peuvent se sentir à l’aise, et chacun y est respecté pour ce qu’il est.
    «Pour aller où je vais, vous savez le chemin». Ce chemin, c’est désormais un homme: Jésus de Nazareth. Il appelle ses compagnons de route à le suivre, sans autre condition préalable que la conversion du cœur. Qui a jeté sur cet homme un regard de foi, celui-là a vu Dieu. L’expérience montre que les hommes s’engagent sur ce chemin sans renoncer à la diversité de leurs langages, de leurs sensibilités et de leurs rites. La première lecture illustre ce respect du pluralisme lorsque la communauté décide d’affecter au groupe des hellénistes sept hommes parlant le grec. En confiant des responsabilités à des chrétiens de langue grecque, l’Eglise manifeste que son unité assume la diversité des langues et des cultures.

💢 Quel sera notre chemin vers le Père en ce dimanche?
    Certes, nous donnons la première place à Jésus, chemin, vérité et vie, lui qui nous ouvre le chemin vers le Père, lui qui nous le fait connaître et même nous le fait voir. Notre assemblée dominicale (même à la maison) témoigne de cette volonté de pleinement profiter de cette action du Christ. La monition de Pierre nous invite à être actifs, à être des pierres vivantes de cette construction qui rendra visible le chemin vers le Père ouvert par le Christ. Dans cette construction, Jésus a voulu des relais.
    Dès le début, les apôtres ont eu à cœur de multiplier les collaborateurs: l’institution des Sept en est le premier acte. Notre chemin vers le Père sera donc d’accepter simultanément ce contact direct avec Jésus, dans sa parole et dans son Eucharistie, en même temps que les médiations qui nous le rendent présent: l’Église, les prêtres, les diacres. Nous disons croire en l’Église, c’est le jour de mieux prendre conscience de sa place irremplaçable dans notre chemin vers le Père.
    Les sept premiers diacres ont été de tels témoins. Imitons-les et laissons-nous guider par l’Esprit Saint, avec la conviction que la parole du Seigneur est puissante et qu’elle peut réaliser ce qu’elle a réalisé au début de l’Église.

💢 «Ne soyez donc pas bouleversés» - dit Jésus à ses apôtres.
    Ils ont de quoi être bouleversés, les apôtres. Jésus vient de leur annoncer qu’il sera condamné, mis à mort, qu’il les quittera. Tous leurs beaux rêves et leurs beaux espoirs s’effondrent. Tout ce qu’ils avaient investi de temps, de sacrifices depuis trois ans est à l’eau. Ils pensaient que Jésus était un grand prophète, qu’il mettrait de l’ordre dans le monde, qu’il sauverait leur peuple, qu’il réglerait leurs problèmes. Et il s’en va.
    Où vas-tu? Donne-nous des preuves! Montre-nous le Père!
    «Vous n’avez rien compris», répond Jésus. Regardez ce que j’ai fait. Le Père et moi, nous sommes un. Qui me voit, voit le Père, Philippe. Je suis Dieu parmi vous. Je ne réglerai pas vos petits problèmes, vous êtes assez grands pour le faire; je ne suis pas venu pour cela. Je vous mènerai beaucoup plus loin et à beaucoup mieux que cela.
    À nous aussi Jésus dit: «Ne soyez pas bouleversés». «Je ne vous ai pas abandonnés, ce n’est pas la fin de l’Église, de mon Royaume. J’apporte toujours une solution aux grands problèmes de votre vie».
    D'abord au problème de la mort. Très souvent, aux funérailles que je célèbre, je lis l’évangile de saint Jean que nous venons d’entendre (de lire). L’assurance que la vie continue après la mort, l’assurance de nous trouver un jour parfaitement heureux avec Dieu, n’est pas un vague espoir, une hypothèse parmi d’autres. Cette assurance vient de la phrase de Jésus que nous venons de lire: «Je pars vous préparer une place. Quand je serai allé vous la préparer, je viendrai vous prendre avec moi, et là où je suis, vous y serez aussi». Cette phrase ne laisse aucune place à des doutes, ne laisse aucune place à des théories «genre» réincarnation. Après notre mort, nous ne redoublerons pas, nous ne recommencerons pas quoi que ce soit. Dieu nous aime assez pour nous amener avec lui.
    C’est là la Bonne Nouvelle, elle enlève toute inquiétude, tout bouleversement devant la mort.
    Jésus nous dit aussi dans l’Évangile d’aujourd’hui, sur qui et sur quoi appuyer notre vie pour être heureux, heureux en éternité, mais heureux aussi dès aujourd’hui. «Je suis le chemin, la vérité, la vie». «Je suis venu pour qu’ils aient la vie, qu’ils l’aient en abondance» dit-il ailleurs.
    Influencés par la société de consommation qui nous offre continuellement des plaisirs faciles et immédiats, nous pouvons penser que la religion chrétienne, avec ses appels et ses exigences, complique la vie, empêche de vivre. Comme si la spiritualité chrétienne était néfaste pour l’épanouissement de la personne!
    Ce n’est pas vrai, c’est le contraire qu’il faut penser. Suivre Jésus pour le vrai, avoir comme lui une vie de prières, de relations intimes avec le Père, mener une vie simple, humble et confiante au Père, aimer son prochain, pardonner jusqu’au fond de son cœur, faire de sa vie une vie de service… Ça rend heureux, ça apporte la paix, la sérénité. Les saints en sont témoins.
    «Celui qui croit en moi accomplira les mêmes œuvres que moi», vient de nous dire Jésus. Saint Paul nous dit, dans la deuxième lecture, qu’il est la pierre angulaire sur laquelle nous pouvons construire l’édifice de notre vie et du monde. Appuyons-nous sur ce roc solide. Entendons bien Jésus nous dire aujourd’hui: «Ne soyez pas bouleversés; venez, je suis le Chemin, la Vérité, la Vie».