🔔 Quelques petites phrases des textes de ce dimanche sont précieuses. La première: «Jésus appela les Douze et leur donna le pouvoir de…» Le mot «pouvoir» n’est pas à comprendre ici dans un sens juridique, politique ou magique. Aucune hiérarchie ni administration n’existent encore! Aucun «pouvoir sacré» non plus, tel qu’il a été nommé pour des ordinations des prêtres dans le rituel d’avant Vatican. Une expression qui a été changée. Elle peut en effet faire l’objet d’une dangereuse ambiguïté, si on la comprend dans le contexte de cultures féodales où les détenteurs de ce pouvoir étaient considérés comme investis d’un droit divin.
Chaque baptisé et chaque ministre doivent se souvenir constamment que leur personne, leur foi, sont les fruits d’un don gracieux de Dieu. Par elle-même l’Église n’est rien. Tout lui vient de Dieu par pure bonté de sa part, par pure grâce aussi puisqu’il est lui-même le Père de toute grâce. Qu’a-t-elle donc à faire d’autre qu’être le signe du salut accompli par son maître et Seigneur?
🔔 L’amour de Dieu pour son peuple…
Tu ne m’aimes pas, Seigneur, parce que je suis bon, généreux, pur, puisque tu m’aimes quand je suis mauvais, égoïste, impur. Tu ne m’aimes pas parce que ma vie est honnête, remplie de bonnes actions, ou parce que je me suis compromis pour la paix et la justice, puisque tu m’aimes encore quand je suis malhonnête, mesquin, injuste, ou replié sur moi. Tu ne m’aimes pas parce que je prie régulièrement, parce que je te suis reconnaissant de ton amour, puisque tu m’aimes quand je boude la prière, quand je suis ingrat et sans délicatesse pour toi.
Alors, pourquoi m’aimes-tu? – Tu m’aimes gratuitement, tu m’aimes pour moi-même, tu m’aimes parce que tu es l’Amour, qui aime sans se rechercher lui-même dans l’être aimé. Tu m’aimes, Seigneur, et à cause de tant d’amour, j’ai envie d’être comme toi, grâce à toi, bon, généreux, pur, dévoué à la cause de la justice et de la paix. J’ai envie de bondir de reconnaissance. Malgré mes misères et mon péché, j’ai tant de prix à tes yeux que même mes chutes et mes échecs ne m’arracheront jamais cette certitude: le cœur du Christ me porte toute sa tendresse, et ce cœur, c’est celui de Dieu!
🔔 La mission
UN FLOT INCESSANT d’informations nous donne en spectacle la souffrance et le désarroi de milliards d’hommes.
Voilà la motivation pour envoyer ses disciples auprès des gens. Matthieu nous donne l’image de brebis sans berger. Quel est le lien avec des gens «accablés» et «abattus»? Les brebis sans bergers sont des brebis dont on ne prend pas soin, dont on ne panse pas les plaies.
Ému jusqu’aux entrailles devant la misère humaine, Jésus prend la décision d’envoyer des bergers qui prendront soin des gens. Pourquoi manque-t-il d’ouvriers?
C’est important car trop souvent, nous avons tendance à nous lamenter sur la dureté de notre époque et sur l’avenir incertain. Nous avons besoin de retrouver un regard optimiste et généreux. C’est par la prière que nous apprenons à aimer comme le Père aime. C’est Jésus qui nous le demande: «Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés» (autant que je vous ai aimés). Nous apprenons à aimer le monde à la manière de Dieu, aimer l’Église malgré ses faiblesses.
N’est-il pas temps de retrouver notre mission originelle?
La moisson est abondante, Seigneur, et les ouvriers sont peu nombreux.
Nous te prions instamment, toi, notre Dieu et Père,
d’envoyer des ouvriers dans ta moisson.
Donne-leur la fougue et la fidélité de Moïse.
Marque-les, comme les Apôtres, du sceau de l’Esprit Saint.
Suscite parmi nous des disciples convaincus de ton Fils Jésus,
témoins de la bonne nouvelle de notre libération,
signes vivants de ton amour de Père.
