🕀 Ne craignez pas
A première vue, nous pourrions penser que la première lecture et l’évangile de ce dimanche ne nous concernent guère. Et pourtant, ce «Ne craignez pas», n'est pas une simple invitation à la confiance totale, au moment des épreuves de nos vies que sont la souffrance, la maladie, la mort . C'est beaucoup plus que cela.
Dans nos sociétés, nous sommes peu persécutés pour notre foi (officiellement). N’oublions pourtant pas ces millions de chrétiens qui, dans d’autres régions du monde, doivent sans cesse lutter pour leur foi, et paient souvent de leur vie leur attachement au Christ. Alors comment recevoir les paroles de Jésus?
Nous savons, depuis la mort et la résurrection du Christ, que nous ne sommes pas seuls dans l’épreuve - Dieu nous y accompagne. Ne pas craindre, c’est donc poser un acte de foi et de confiance en Dieu vainqueur du mal et de la mort. Notre confiance en Lui, à l’image du Christ en croix, se manifeste alors dans tous les événements de nos vies, particulièrement dans les événements douloureux.
En s’en remettant avec confiance au Seigneur, Jérémie sort de la peur pour entrer dans la foi (première lecture). Voilà la démarche à laquelle nous sommes conviés, à la suite de Jésus. Démarche difficile qui exige de croire en l’amour infini de Dieu, seul capable de vaincre la peur puisque le Christ a vaincu la mort.
🕀 La force que Dieu donne
La vie d’un prophète n’est pas un long fleuve tranquille. Jérémie en fait l’amère expérience, alors qu’il reçoit l’inconfortable mission d’annoncer la ruine du royaume de Juda, menacé par le puissant empire babylonien (première lecture). Bien sûr, ni le peuple ni les dirigeants ne veulent écouter ce sinistre défaitiste. Jérémie se sent très seul pour affronter l’hostilité, mais il fait aussi l’expérience que Dieu est son appui et son secours. «Le Seigneur est avec moi, tel un guerrier redoutable».
De même, dans l’Evangile, Jésus invite ses disciples à la confiance. Certes, ils seront, comme leur maître, en butte à des difficultés, voire à la persécution, mais le Père veille sur eux, comme il prend soin des oiseaux du ciel. «Soyez donc sans crainte: vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux».
Le Fils de Dieu se montre solidaire de ses disciples, comme il l’est de toute l’humanité. Depuis le premier homme, le monde est le champ de bataille du péché et de la mort, qui en est la conséquence (deuxième lecture). Il fallait donc un homme pour répandre la grâce de Dieu.
Nous en rendons grâce en participant à l’Eucharistie, où nous recevons la force et la paix qui viennent de Dieu pour avoir part à la victoire du Christ notre Seigneur.
🕀 Dépasser nos craintes….
Combien de fois n’ai-je pas entendu des enfants, quand ils étaient tout petits, dire à leur maman: «J’ai peur!»
Porter la Parole du Seigneur a toujours été une grande et belle mission. Mais nous savons tous qu’elle comporte son lot de difficultés et de souffrances. La liturgie de ce jour nous a fait entendre les lamentations du prophète Jérémie: «J’entends les calomnies de la foule… Dénoncez-le!» Il lui en coûte de proclamer la parole que Dieu a mise dans sa bouche. Sa foi est une mise à l’épreuve. Mais il se tourne vers le Seigneur pour qu’il prenne sa défense. Dieu lui a promis d’être avec lui pour le délivrer de ses persécuteurs. Jusque dans l’adversité Dieu reste proche de nous.
Alors oui, nous ne devons pas craindre; c’est ce que Jésus nous rappelle en ce dimanche. À la suite du prophète Jérémie, de l’apôtre Paul et de bien d’autres, nous sommes envoyés pour porter la Parole de Dieu. Notre mission est de révéler Celui qui a «les Paroles de la Vie éternelle». Cette mission ne va pas sans de nombreuses difficultés.
Les chrétiens sont chaque jour affrontés à l’incroyance, l’indifférence, la dérision… On les accuse de propager une «idéologie obscurantiste». Mais le Seigneur nous rassure: «Ne craignez pas… Je suis avec vous.»
