En annonçant que Dieu était prêt à pardonner au coupable s’il venait à se repentir, mais que par contre punirait le juste s’il venait à renier son passé d’honnêteté, le prophète révèle le motif profond de cet étonnement: c’est parce que Dieu ne désire pas la mort du pécheur! Aux yeux du monde, un homme est définitivement classé par son passé: s’il est mauvais, on ne lui laisse aucune chance de refaire sa vie; s’il est bon, on n’imagine pas qu’il garde la liberté de la renier. Dieu croit à notre liberté de pouvoir nous convertir du bien au mal, mais aussi du mal au bien, et du bien au mieux. En ouvrant par son pardon l’avenir de notre liberté, Dieu nous fait libres.
Ne nous arrive-t-il pas de cataloguer les gens d’une manière définitive et péremptoire qui ne leur laisse aucune chance de se ressaisir? N’est-ce-pas la preuve d’une justice étriquée qui ne connaît pas la force créatrice de l’amour?
🔆 Les règles du jeu…
Nous autres, êtres humains, nous pouvons figer nos contemporains en leur collant des étiquettes sans aucun appel possible. Elles ont été données une fois pour toutes. Nous les jugeons, les condamnons et les enfermons dans un passé à jamais révolu. Agir de la sorte, c’est pécher car notre attitude est synonyme de manque d’amour. Dieu, quant à lui, porte sur chacune et chacun de nous un tout autre regard. Son espérance est infinie. Il ne nous enferme pas, il nous tend toujours une main que notre repentir peut saisir en toute liberté. Puissions-nous à jamais vivre en cohérence avec nous-mêmes et, lorsque nous trébuchons, prendre la main que Dieu nous tend pour assumer nos actes et non pas tomber dans la lâcheté de nous victimiser! Dieu nous offre l’espérance et la vie, ne choisissons pas la mort.
🔆 Méditation:
Jésus était très habile à faire réfléchir les gens sur leur propre existence. Il aimait les interpeller à l'aide de petites paraboles pleines de sagesse et parfois d'humour. Nous en avons un bel exemple dans le passage de Matthieu qui vient d'être proclamé.
«Oui/non!… Non/oui!…» Ce drôle de petit jeu, les parents et éducateurs le connaissent bien. En période d’adolescence, cela ne porte guère à conséquence. Mais la brève histoire racontée par Jésus dénonce en fait des comportements autrement plus graves. C’est l’attitude même des principaux responsables religieux de son peuple qui est mise en cause. C’est aussi notre comportement de chrétiens adultes dont Jésus souligne les contradictions.
«Oui/non !… Non/oui!…»
Nous avons tous nos moments de générosité et de faiblesse. Des instants de lumière où nous sommes prêts à faire de grandes promesses, mais avec le temps qui use, nous reprenons vite nos vieilles habitudes. Sans la pratique religieuse, un chrétien ne l’est que de nom. Pour Jésus, l’essentiel, c’est de mettre en pratique sa foi, ses convictions… Le monde a davantage besoin de partenaires zélés qui savent prendre l’initiative que de gens à la parole facile.
Attention! Pour gagner la confiance de quelqu'un, il faut aussi savoir dire Non!
L’Evangile d’aujourd’hui nous rappelle quelque chose que nous oublions souvent : les mots peuvent ne pas avoir de sens. Les promesses sont vides (vaines) quand elles ne sont pas suivies d’actes.
Le premier fils est arrogant, mais ses actes montrent qu’il est bon. Le second, d’après ses paroles est coopérant, mais il ne tient pas sa promesse.
Est-ce que je fais des promesses qui s’envolent?
Le Seigneur a toujours préparé de grandes choses pour le peuple qu'il a choisi comme son propre peuple. Mais quand l'offre réelle de ses dons est venue par les envoyés de Dieu - les prophètes -, le peuple a tout laissé tomber.
«Le bavardage est l’écume de l’eau, l’action est une goutte d’or» (Proverbe tibétain). La valeur d’une personne ne se mesure pas à la valeur de ses mots mais plutôt à celle de ses actes.
